11.03.2011

LE PROCES DU LOGEMENT INDIGNE

 

C’est un procès sur le mal logement qui s’ouvre mercredi 9 mars, au tribunal correctionnel de Paris. En 2005, 17 personnes originaires d’Afrique de l’ouest, dont 14 enfants, avaient péri dans l’incendie dans un immeuble insalubre du 13ème arrondissement de Paris. Dans ce procès, deux personnes morales sont jugées pour homicide et blessures involontaires : France Euro Habitat, l’association qui gérait l’immeuble, et Paris Banlieue Construction, société qui avait fait les travaux. Face à eux, quarante-six personnes se sont portées partie civile. Quant à l’auteur de cet incendie criminel, il n’a toujours pas été retrouvé. Pour juger cette affaire, le tribunal a accordé deux demi-journées d’audience. C’est loin d’être suffisant pour les familles des victimes.

Tapa Konaté a perdu deux membres de sa famille dans l’incendie. Selon lui, l’affaire a été minimisée. Il témoignait cette semaine au micro de France Info :

Plusieurs incendies meurtriers avaient touché la capitale en 2005, faisant au total 52 morts, pour la plupart des personnes d’origines africaines.

« L’habitat indigne éradiqué », peut-on lire dans le dernier numéro du magazine de la ville de Paris. Depuis 2001, 1, 2 milliard d’euros auraient été investis pour reconstruire des logements sociaux en remplacement des immeubles démolis, réhabiliter des bâtiments ou reloger des ménages. En effet, l’arsenal juridique pour lutter contre l’insalubrité est assez lourd. Il peut aller jusqu’à des dispositions pénales et l’expropriation avec obligation de reloger, en cas de non réaction des propriétaires.

Mais dans la réalité, ces procédures sont très longues et il est extrêmement difficile d’être relogé à cause du manque de logements sociaux.

En 2010, 276 arrêtés municipaux d’insalubrité ont été déclarés à Paris. Selon les chiffres de la ville de Paris,  plus de la moitié de ses logements jugés insalubres sont situés dans le 20ème arrondissement, quartier qui a d'ailleurs vu a vu naître, en 1990, l’association pour le Droit au Logement (DAL) qui se bat pour aider les mal-logés.

Les arrondissements les plus insalubres de Paris (Source : opendata.paris.fr)

 

Fanny Roux

Les femmes en politique

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Source: www.insee.fr

Que de chemin parcouru depuis 1944, date à laquelle les femmes françaises obtiennent le droit de vote. Aujourd’hui en France, les femmes représentent 53% de l’électorat, devenant ainsi des citoyennes à part entière. Mais lorsqu’il s’agit de l’éligibilité,  le bilan reste plutôt mitigé.

En effet, les instances politiques françaises ne sont pas toutes favorables aux femmes. De manière générale, les femmes prennent de la place là où la loi sur la parité votée en 2004 est appliquée. C’est donc au parlement européen où elles représentaient  44,4% des élus en 2009 et au sein des conseils régionaux (48% en 2010) que les femmes s’imposent le plus. La France fait à présent partie des pays européens les mieux représentés par des femmes.

Au niveau national, les sénatrices sont quant à elles plus nombreuses que les députées (18,5 en 2007) et représentaient en 2008 21,8% des élus. Par ailleurs, grâce aux élections de 2007, la part des femmes députées s’est accrue passant de 12,3% à 18,5%.

Toutefois, certaines instances restent très peu féminisées. C’est le cas des conseils généraux où la part des femmes n’était que de 12, 3% en 2008 et des exécutifs municipaux. Le nombre de femmes élues maires restent faible (13,8% en 2008). Là où la loi sur la parité n’est pas applicable, les femmes restent minoritaires.

Rang

Pays

Femmes parlementaires (en % du total)

 

 

 

 

1

Suède

45,3

2

Finlande

37,5

3

Danemark

36,9

4

Belgique

35,7

5

Pays-Bas

34,2

6

Autriche

32,2

7

Allemagne

31,3

8

Espagne

30,5

9

Luxembourg

23,3

10

Lituanie

22,0

11

Lettonie

21,0

12

Pologne

20,7

13

Portugal

20,0

14

Estonie

18,8

15

Royaume-Uni

17,9

16

Slovaquie

16,7

17

Chypre

16,1

18

Rép. Tcheque

15,7

19

Irlande

14,2

20

Grèce

14,0

21 

France

13,9

22

Slovénie

12,2

23

Italie

10,4

24

Malte

9,2

25

Hongrie

9,1

 

Total des 25

22,4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source: Rapport mondial sur le développement humain 2005

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Source: Union interparlementaire 2007 

 

Les pays nordiques, à la pointe de l’égalité hommes-femmes, sont les plus ouverts à la participation des femmes en politique. Selon le rapport mondial sur le développement humain paru en 2005, la Suède est en tête avec 45,3% de femmes parlementaires suivi de la Finlande (37,5%) et du Danemark (36,9%). Dans ces pays, beaucoup de femmes assument des responsabilités politiques de haut niveau.

L’Italie (10,4%), Malte (9,2%) et la Hongrie (9,1) sont quant à eux à la traîne. Les femmes y sont toujours marginalisées.

A l’échelle mondiale, l’union européenne (23%), l’Amérique du Nord (18,6%) et l’Amérique latine  (18,65%)  sont en tête contrairement au Moyen-Orient/Afrique du nord et à l’Asie du Sud qui représentent les régions du monde où les femmes  sont en retrait.

De manière globale, le milieu politique reste dominé par les hommes que ce soit dans les pays Nord ou du Sud.

 

Afficher Les Femmes en politique dans le monde: Un clan très fermé sur une carte plus grande

 

Le monde de la politique ne s’est ouvert aux femmes que tardivement. Aujourd’hui, elles ne sont qu’une poignée à la tête d’un Etat, un cercle très fermé de 13 femmes chefs d’Etat, dont 2 reines.

10 autres sont chefs de gouvernement ou Premier ministre, suivant la trace de pionnières, comme Golda Meir ou Indira Gandhi, qui leur ont ouvert les portes de la politique mondiale.

Les pays d’Europe et d’Amérique centrale et du Sud sont les champions de la parité politique : pas moins de 45 femmes ont été ou sont actuellement chefs d’Etat, premier ministre ou gouverneures générales.

Mais les retardataires dans ce domaine ne sont pas forcément ceux qu’on croit. En Asie, en Afrique et en Océanie, 24 pays ont eu ou ont actuellement une femme à la tête de leur gouvernement ou de leur Etat.

L’Amérique du Nord, la Russie, le Japon, le Proche et Moyen-Orient, le Maghreb et le Machrek se classent loin derrière avec seulement 6 femmes ayant occupé un des postes-clés pré-cités.

Si ces évolutions significatives au cours du 20° siècle à travers le monde sont à souligner, de nombreux progrès restent encore à faire pour donner aux femmes toute leur place à la tête de la politique de leurs pays.

 

Naima Benallal et Mélissa Chaligne

Les femmes dans les rues

 En 2008, seulement 198 voies sur 5300 portent le nom d’une femme. Soit 3,7 % du total des rues de la capitale. Une inégalité qui ne rend pas justice aux Parisiennes qui représentent 53% de la population.

 

Laure Gautherin & Amandine Enard

Un peu d’histoire

 

Les premières appellations officielles des rues apparaissent au 17e siècle et rendent naturellement hommage aux rois. Il faut attendre la fin du 18e siècle pour voir de rares voies arborer des noms de femmes. Très souvent ce sont des « femmes de », des « fille de ».

 

La rue Madame, par exemple, fut inaugurée en l’honneur de Marie Joséphine-Louise de Savoie, princesse de Sardaigne et épouse de Monsieur. Elle fut renommée rue des citoyennes après la révolution française.

 

1882, Juliette Lamber, femme de lettres et fondatrice de la Nouvelle Revue a sa rue. Depuis, le nombre de rues consacrées aux femmes n’a cessé d’augmenter, la marge est large. Coincée entre Claude (Vellefaux) et Jean (Moinon), la rue Juliette Dodu (10e arrondissement) se prolonge jusqu’à devenir la rue Eugène Varlin. Le fait que Monsieur Verlin soit un fervent partisan de l’égalité hommes femmes n’est qu’une mince consolation.

 

Les féministes accèdent cependant de plus en plus au privilège suprême : Flora Tristan et Simone de Beauvoir ont désormais leurs artères. Quelques intellectuelles auront également droit à leur plaque bleue : Marie Curie, scientifique renommée, qui doit la partager avec son illustre mari, Marie-Pape Carpentier, célèbre pédagogue, Adrienne Lecouvreur, artiste dramatique du 16e siècle.

 

Où sont les femmes ?

 


Afficher Les femmes dans les rues sur une carte plus grande

Le 13e arrondissement, quartier récemment aménagé est de loin le moins misogyne avec 22 voies consacrées aux femmes.  Pluie de mauvais points en revanche sur les 2e, 5e, 8e et 10e arrondissements qui n’hébergent que 4 rues portant des noms féminins.

 

Paris n’ayant pratiquement plus de rues à baptiser, le mal ne peut être réparé qu’à la marge : les mairies parisiennes sont encouragées à inaugurer des voies en mémoire des dames illustres. Mention honorable au 3e arrondissement qui a ouvert entre 2005 et 2008, trois voies supplémentaires aux femmes.

 

Noémie Buffault

 

Les crimes d'honneur à travers le monde

Cette carte montre les pays où ont été signalés des "crimes d'honneur" et les derniers cas médiatisés entre 2009 et 2011.

La liste des pays n'est pas exhaustive.
L'ONU estime que 5 000 femmes sont victimes de crimes d'honneur chaque année. Selon diverses associations locales, elles seraient en réalité plus de 20 000.
Compte tenu du silence de certains pays qui ne signalent pas ce type de crime et son caractère légal dans certaines régions, il est en effet difficile de produire une estimation exacte.

 


Afficher Crimes d'honneur 2009-2011 sur une carte plus grande

Laure Gautherin

Grand angle sur les femmes cinéastes

Dans les salles obscures, l'hiver aura été marqué par la sortie de trois films centrés sur les femmes : We Want Sex Equality de Nigel Cole, Bas-Fonds d'Isild Le Besco, et Gigola de Laure Charpentier.

Depuis la fin des années 60 et les premiers mouvements de libération des femmes, les femmes tiennent une place de plus en plus importante dans l'industrie cinématographique. En France comme à l'étranger, certaines pionières ont bien réussi à s'imposer dans la première moitié du vingtième siècle, mais il faudra attendre l'avènement de réalisatrices comme Agnès Varda et Carole Roussopoulos, pour voir de plus en plus de femmes passer de l'autre côté de la caméra.

                                                                                                                            Azzedine FALL

Droit à l'avortement dans le monde

 


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                                                                                                           Amandine Enard

De la fée du logis à la chienne de garde

Depuis la plus haute Antiquité, les femmes ont été confinées à la vie domestique et à la sphère privée. Pour elles : l’éducation des enfants et l’obéissance au père puis au mari. Les textes sacrés de l’ère chrétienne ont vanté un modèle sociétal et familial basé sur le patriarcat, où la femme n’avait guère de libertés ni de pouvoir.

Il faudra attendre le 17e siècle et les révolutions qui l’ont accompagné pour voir les femmes conquérir peu à peu leurs droits et leur émancipation.

Aujourd’hui, si dans les textes la femme est égale à l’homme, dans les faits les inégalités persistent dans différents domaines.

 

La marche des femmes vers la parité on Dipity.

 

 

Belinda Babin et Mélissa Chaligne

 

Le droit à l'avortement dans le monde

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  Many Eyes

 

Louis Fraysse


Droit de vote des femmes dans le monde

Le droit de vote accordé aux femmes dans le monde est encore récent. Le premier pays à y être venu est la Nouvelle-Zélande en 1893, le dernier sont les Emirats Arabes Unis en 2006. Dans certains pays, le droit de vote n'a d'abord été accordé que partiellement et sous conditions d'âge ou de situation. La majorité de ces restrictions ont maintenant été levées. Cette carte indique l'année d'obtention du droit de vote des femmes dans le monde à égalité avec les hommes et ne tient donc pas compte des droits politiques accordés partiellement.

 

 

Droit de vote des femmes dans le monde Many Eyes

 

Ambre Deharo

Une seule loi, un seul droit ?

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La Galerie des bibliothèques de Paris propose jusqu'au 13 mars 2011 une exposition intitulée Photos, Femmes, Féminisme. L'idée : retracer l'histoire du féminisme en France à travers deux cents photographies issus du fonds Marguerite Durand. Reportage


« - Et là, elle a les cheveux longs ou courts ?
  - Courts ! »

Mercredi 09 mars, galerie des bibliothèques, dans le quatrième arrondissement de Paris. Une guide détaille une photographie devant une ribambelle d’enfants enthousiastes. La photographie en question représente Marc de Montifaud, née Marie-Amélie Chartoule, écrivain du XIXe siècle qui s’est progressivement mise à s’habiller et vivre comme un homme. Un OVNI pour l’époque. Trois clichés montrent son évolution vestimentaire. Le dernier la montre habillée en costume et les cheveux courts, très court. Ce n’est qu’un des deux cents clichés présentés par la bibliothèque Marguerite Durand pour l’exposition Photos, Femmes, Féminisme.


615050_mlf-40-ans-exposition-photo-300x225.jpgA l’origine de l’exposition, Marguerite Durand, première patronne de presse en France et féministe convaincue. En 1887, Marguerite Durand lance La Fronde, un quotidien entièrement rédigé et administré par des femmes. En parallèle, Marguerite Durand amasse une importante documentation sur l’histoire des femmes qu’elle lègue en 1931 à la mairie de Paris. C’est ce fonds qui a permis l’exposition, présentée dans le cadre du mois de la photo à Paris et des manifestations autour des quarante ans du MLF, le Mouvement de Libération des Femmes.

Pour l’occasion, la bibliothèque est divisée en plusieurs salles thématiques. Dans la première, consacrée à Marguerite Durand, on voit notamment la une d’un exemplaire de la Fronde ou celles, ouvertement misogynes, de l'Assiette au beurre. Plusieurs photos de l’entourage de Marguerite Durand défilent, de la suffragette Hubertine Auclert au militant féministe Léon Richer, créateur de la Ligue française pour le droit des femmes. Chacun des clichés exposés est accompagné d’une notice manuscrite, replaçant l’œuvre dans le contexte du féminisme ou de la situation des femmes. Ces explications, limpides, servent de fil rouge au thème de l’exposition. COLETTE_Expo_photos_Femmes_Fminisme.jpg

La deuxième salle, à l’étage inférieur, réunit des photographies de célébrités du monde des arts, du spectacle et de lettres. La comédienne Sarah Bernhardt, très photographiée à son époque, crève le cadre. On y découvre également la sculptrice Camille Claudel ou l’écrivaine Colette (ci-contre), ayant pour point commun d’avoir percé dans un milieu réservé aux hommes.

La salle Profession photographe côté femmes est sans doute la moins convaincante et l’on regrette qu’elle n’ait pas été plus fournie. On y voit quelques clichés de la géniale Sabine Weiss ou de Edith Gérin (au sublime jeu sur la lumière), mais ceux-ci sont trop peu nombreux pour que l’on puisse se faire une idée du talent, de leur auteur, ou de comment leur condition de femme a influé ou non sur leur vision de la photographie. Il est dommage qu'une exposition ayant pour premier matériel la photographie n'accorde pas plus de place aux femmes photographes.

Quelques pas plus loin, dans la salle Métiers féminins, territoires masculins ?, les statistiques défilent : 13% de filles à Polytechnique en 2008, 7% de pilotes de ligne en 2010, des salaires systématiquement inférieurs à ceux des hommes. Une classe de lycée reçoit elle aussi les explications d’une guide. Certains lycéens se montrent intéressés, d’autres bayent aux corneilles. Un document, touchant, retient l’attention : la lettre autorisant « à titre exceptionnel » une jeune femme, Adeline Chaumont, à se présenter à l’agrégation de mathématiques. Lettre qui se termine par ces mots : « vous ne pourrez toutefois prétendre à un emploi dans les lycées de garçons. »

L’exposition s’achève avec une salle consacrée à l’engagement féministe. Parmi ces femmes, Louise Michel, évidemment, icône de la commune de Paris de 1871. Plus récemment, une photographie illustre la cérémonie de dépôt de gerbe à la femme du soldat inconnu, acte fondateur du MLF en 1970 . « Il y a plus inconnu que le soldat inconnu – sa femme », proclame une banderole brandie par deux militantes féministes alors qu’un policier, de dos, se dresse face à elles. Le long combat des femmes pour l'égalité des droits est affiché aux murs, plus de 150 ans d'une lutte qui continue aujourd'hui, tant bien que mal.

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On ressort de l’exposition avec un sentiment mitigé. Le visiteur – ou la visiteuse, ne soyons pas sexiste – ne peut qu’être frappé par la rareté des hommes dans les allées de la bibliothèque. A croire qu’une exposition sur les femmes, et a fortiori sur le féminisme, n’intéresse pas la gent masculine. Le féminisme ne serait qu’une affaire de femmes ?

 


L'histoire des femmes en 200 photographies par mairiedeparis

 

Louis Fraysse


Photos, Femmes, Féminisme : jusqu'au 13 mars 2011, du mardi au dimanche, de 13h à 19h, nocturne les jeudis jusqu’à 21h. Entrée payante (6 € plein tarif / 4 € tarif réduit / 3 € demi tarif).